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Saison 26

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  • 28.10.2026

    Un homme expérimenté à la barre d’un géant expérimental.

    La Route du Rhum - Destination Guadeloupe était inscrite au programme du nouveau Maxi Edmond de Rothschild avant même que les premiers plis de carbone ne soient posés pour sa construction. Être au départ de la plus fameuse des courses transatlantiques, moins de huit mois après la première navigation de ce trimaran ultra novateur, était un petit exploit en soi. Reste qu’à la barre de ce géant polymorphe, le détenteur du titre Charles Caudrelier s’apprête à faire un saut dans l’inconnu.

    par Charline

    « Des choix importants sur certains dossiers ont encore été opérés ces derniers jours, révèle David Boileau, le boat captain de Gitana 18. Ce sera intense jusqu’au bout ! Pour autant, nous ne sommes pas dans l’urgence, nous avons terminé cette version 1 optimisée du bateau pour que Charles, qui a très envie d’en découdre, puisse partir en confiance ». Pour en arriver là, aucun des membres du Gitana Team n’a ménagé ses efforts. « Le travail réalisé ces trois derniers mois a été phénoménal » poursuit David. Et c’est ce travail d’équipe qui fait aujourd’hui la fierté de Cyril Dardashti, directeur de l’écurie aux cinq flèches « Cela a été un énorme challenge pour tous. Personne n’a compté ses heures, le week-end, le soir, pour que l’on puisse s’entraîner, naviguer, mettre au point cette machine ultra complexe. Nous étions tous alignés sur le même objectif dans un esprit de cohésion que j’ai rarement connu ». « On a surmonté des choses qui nous paraissaient insurmontables au mois d’août dernier. L’équipe a fait un boulot admirable, cela donne de la force et l’envie de faire honneur à toute l’énergie déployée pour que nous soyons prêts à Saint-Malo » confirme Charles Caudrelier.

    Des progrès importants en un court laps de temps

    La première navigation du Maxi Edmond de Rothschild, le 10 mars 2026, déclenchait en effet un compte à rebours de moins de 8 mois pour tester, comprendre et mettre au point cet audacieux dernier-né de la lignée Gitana. « La machine est tellement complexe ! On a vraiment poussé les curseurs très loin partout avec une prise de risque importante. Nous nous sommes retrouvés avec de nombreux sujets à traiter » résume Cyril Dardashti. Et parmi ces sujets,celui des foils, dont l’équipe constate très vite que des pièces doivent être remplacées, un contretemps qui va bousculer la phase de découverte et d’apprentissage.
    Malgré tout, les progrès obtenus en ce court laps de temps sont importants. Le chantier d’une vingtaine de jours réalisé mi-septembre, juste après la qualification en solitaire de Charles Caudrelier, a permis d’optimiser encore les foils, de gommer quelques défauts de jeunesse, de changer des pièces du gréement, d’améliorer l’aérodynamisme – un nouveau carénage placé sous la bôme -, de peaufiner les aménagements intérieurs pour le confort du skipper… entre autres. La semaine de navigation et de speed tests réalisée récemment en compagnie de Sodebo Ultim et d’Actual (ex Gitana 17) a également été riche en enseignements, sur les choix de voile et dans l’ajustement des réglages. « Entre la toute première navigation et la dernière – Charles Caudrelier aura comptabilisé plus de 40 jours en mer – le comportement du bateau a changé du tout au tout, confie Erwan Israël, responsable des performances et routeur. A certaines allures, nous avons gagné plusieurs nœuds ». Élément vital, le pilote automatique « maison » développé spécialement pour Gitana 18, donne également toute satisfaction. « Et finalement, conclut Cyril Dardashti, on présente une belle copie pour le départ de cette Route du Rhum ».

    « Nous avons des armes, mais pas encore toutes les armes »

    Très impliqué techniquement dans le développement du bateau, Charles Caudrelier n’a pas mis longtemps à trouver ses marques. Il sait néanmoins que sa première confrontation en course sera aussi l’occasion de continuer à apprivoiser Gitana 18. « Nous allons tester la fiabilité, les appendices du bateau et sa gestion en solo, dit-il. Je vais continuer à le découvrir et à le faire progresser pendant la transat, et ce challenge est super intéressant. Je m’attends cependant à ce que ce soit très sollicitant physiquement, notamment pendant les manœuvres car je n’ai pas encore tous les automatismes ». Tout le potentiel et toutes les failles du nouveau maxi Edmond de Rothschild sont encore à découvrir, face à des adversaires qui ont progressé et dans des conditions de navigation qu’il n’aura jamais rencontrées. Charles Caudrelier a pour lui son immense expérience, son talent de navigateur solitaire, son opiniâtreté, et son goût pour la gagne. « Nous avons des armes pour cette course, mais pas encore toutes les armes. Cela ne fait pas de nous des favoris, mais des outsiders avec un gros potentiel ».  Les conditions météorologiques en début de parcours – des vents portants jusqu’aux Açores – devraient être favorables à ce baptême du feu en solitaire, à bord du multicoque le plus complexe et les plus innovant du plateau.