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Saison 26

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  • 03.11.2026

    Charles Caudrelier et le Maxi Edmond de Rothschild se déroutent vers Lorient.

    Il y a quarante-huit heures, le dimanche 1er novembre à 13h02 au large de Saint-Malo, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild s’élançait sur sa première grande course, huit mois seulement après sa mise à l’eau. Aligner un maxi-trimaran si innovant, dans un laps de temps de préparation aussi court et qui plus est en solitaire n’était pas un choix en soi mais un défi technique et humain pleinement assumé par Charles Caudrelier et l’équipe Gitana. Aujourd’hui, victime d’une avarie majeure sur le foil bâbord du géant de 32 mètres, le tenant du titre de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est contraint de faire demi-tour pour rejoindre sa base technique lorientaise. Cette édition 2026 ne sera pas celle du doublé espéré mais ces quelques heures sur l’Atlantique posent clairement les jalons de l’histoire à venir. Après un début de course en demi-teinte, dans des conditions de départ peu favorables à sa nouvelle machine, Charles Caudrelier était revenu dans le match du quatuor de tête.

    par Tiphaine

    Foil bâbord endommagé

    Après une nuit particulièrement active, consacrée à la traversée d’un front froid, mais qui lui avait permis de reprendre quelques précieux milles sur son concurrent direct, Charles Caudrelier pouvait rêver d’une meilleure journée sur l’Atlantique. Seulement, peu avant 5 heures, le skipper constate un comportement anormal du maxi-trimaran. Malgré des conditions propices au vol, le dernier-né des Gitana ne décolle pas et n’affiche pas les vitesses attendues. Dans la nuit encore noire et agitée – 3 mètres de houle et un vent de Nord de 20/25 nœuds – le marin procède alors à l’inspection des grands foils en Y et la sentence est sans appel. Le foil bâbord de Gitana 18 est sérieusement endommagé. Ce sont les peaux du bord de fuite de l’appendice (partie arrière du shaft de foil) qui sont arrachées et qui ont entraîné avec elles les durites hydrauliques connectées au foil.
     
    « Grâce au récit et aux premières photos de Charles, nous constatons très vite que l’avarie est sérieuse. Son ampleur et sa localisation, en haut du shaft de foil, ne permettent absolument pas d’envisager une réparation seul en mer ni une réparation rapide et efficace par notre équipe technique sur le parcours. Ce que nous pouvons aujourd’hui préciser est que son origine n’est pas consécutive à un choc avec un objet extérieur.  Ces appendices sont novateurs et les systèmes qui les accompagnent inédits sur nos types de plateformes offshore. L’innovation passe parfois par là. Mais l’heure n’est pas encore aux explications détaillées, nous avons besoin de nous réunir avec l’équipe et Charles, quand il sera de retour à terre, pour refaire le scénario et mieux comprendre les enchaînements », déclarait Cyril Dardashti, le directeur général de l’écurie aux cinq flèches avant de poursuivre : « Ce matin notre préoccupation principale était la sécurité de Charles avant tout et celle du bateau. Il a dû procéder à des actions dans le flotteur pour isoler l’hydraulique du foil endommagé et continuer ainsi à utiliser les autres fonctions du bord. »

    Retour vers Lorient et le chantier Gitana

    Comme toujours et malgré un état de fatigue important dû à un début de course éprouvant, tant le rythme imprimé par les leaders a été intense, Charles Caudrelier a fait preuve de sang-froid et de détermination pour sécuriser le Maxi Edmond de Rothschild au plus vite et le mettre en ordre de marche pour rentrer vers son port d’attache breton.
     
    En effet, très vite, Erwan Israël et Julien Villion, les routeurs météos du Gitana Team, ont proposé deux options. Faire route vers les Açores, alors à 400 milles dans le sud de Gitana 18 ou faire demi-tour vers Lorient et la base technique, distante de 1 500 milles environ : « Après diagnostic, une fois le bateau sécurisé et le foil inspecté nous avons choisi de revenir vers la Bretagne. La météo des prochains jours nous encourageait à cela », expliquait Cyril Dardashti avant de conclure : « C’est forcément une grande déception pour notre armatrice, Ariane de Rothschild, et toute notre équipe mais cela fait aussi partie de la vie de nos projets qui demandent un engagement quotidien et une grande persévérance. Gitana 18 n’est qu’au tout début de sa vie maritime ».
     
    Difficile à cette heure de donner une ETA (Estimate Time Arrival) précise de son retour car celle-ci dépendra du tableau de marche du maxi-trimaran privé de ses « ailes », mais l’équipe espère pouvoir accueillir son marin le week-end prochain.