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Retour aux actualités 22 novembre 2019

Sainte-Hélène, deuxième acte en vue

Brest Atlantiques Maxi Edmond de Rothschild Franck Cammas Charles Caudrelier

Depuis son passage en tête au large du Cap mercredi soir, le Maxi Edmond de Rothschild a débuté sa longue remontée vers Brest. Devant les étraves du dernier-né des Gitana, 5 000 milles (9 260 kilomètres) restent à parcourir, soit encore un tiers du tracé. Après quarante-huit heures de navigation le long des côtes africaines, pour profiter d'un couloir de vent plus fort à terre et éviter ainsi les calmes de l'anticyclone de Sainte-Hélène, Franck Cammas et Charles Caudrelier ont étendu leur avance à plus de 297,7 milles sur Macif, leur plus proche poursuivant. Lui-même étant suivi de très près par Actual Leader.

Des chocs à répétition

Depuis le 5 novembre, date de départ de Brest, la flotte de la Brest Atlantiques n'est pas épargnée par les chocs avec les OFNI (Objet Flottant Non Identifié). Les escales techniques réalisées par les équipes au cours des dix-huit jours de mer sont malheureusement là pour en témoigner. Sodebo Ultim en paye d'ailleurs un lourd tribu et est encore à l‘arrêt ce vendredi, plus de 24h après son arrivée dans le port sud-africain. Mais ceci n'est pas une surprise pour les marins qui savent pertinemment que compte tenu des vitesses atteintes aujourd'hui par leurs montures et avec la multiplication des appendices indispensables au vol, le risque de choc est permanent.

La nuit dernière, les hommes du Gitana Team ont prévenu leur équipe à terre d'un arrêt buffet : « le bateau s'est arrêté assez brutalement, nous avons dû faire une marche arrière avant de pouvoir reprendre notre route. Dans la nuit noire difficile de savoir de quoi il s'agissait ! Au lever du jour, nous avons tout inspecté, coques et appendices, et tout va bien heureusement », confiait Charles Caudrelier.

Vers des latitudes plus clémentes

Au fur et à mesure que le Maxi Edmond de Rothschild remonte vers le Nord, la vie à bord du géant de 32 mètres s'améliore. Car malgré le visage plutôt hospitalier des quarantièmes, où notre duo a passé de longues journées la semaine dernière, il n'est jamais anodin de naviguer dans ces latitudes sud. À commencer par les températures et les tenues vestimentaires qu'elles impliquent pour les marins, tant les couches de polaire ne sont pas neutres dans la fluidité des manœuvres et du quotidien.

Notre duo ne cachait ainsi pas sa satisfaction de retrouver des contrées plus connues. Seul bémol, pour notre médiaman qui jusqu'alors n'était pas parvenu à capturer d'images des fameux albatros : « Hier matin, quelques heures après le passage de Cape Town, je monte sur le pont et je tombe nez à nez avec un albatros. Cette fois-ci, j'avais mon appareil photo à la main. Bon... photographe animalier, c'est un boulot, et ce n'est pas le mien ! Les deux oiseaux de qui je suis sensé tirer le portrait sont en général un peu moins farouches ! Mais finalement je l'ai, la photo de l'animal emblématique des mers du sud !
On se demandait d'ailleurs ce qu'il faisait dans la région. En regardant de plus près la cartographie de l'Afrique du sud, je suis tombé sur une « Albatros bay » pas très loin de notre position. Ce qui ne doit pas être complètement un hasard...
Aujourd'hui, je serais vraiment surpris d'en croiser d'autres. La température grimpe progressivement à mesure que nous montons vers le nord. On enlève nos couches de polaires et on regarde devant. En face de nous, on a un anticyclone à traverser », écrivait Yann Riou ce midi.

La navigation côtière que pratiquent Franck Cammas et Charles Caudrelier depuis leur passage de Robben Island ne devrait pas perdurer trop longtemps. En effet, comme le soulignait Marcel Van Triest : « Nous commençons à contourner l'anticyclone de Sainte-Helène jusqu'au moment où l'on trouvera qu'il est opportun de mettre du nord dans notre route pour se positionner en vue du passage du Pot-au-Noir. »

Classement du 22 novembre 2019 à 16h

1. MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou) - distance au but : 4 964,9 milles  - vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 29 nœuds

2. MACIF (François Gabart / Gwenolé Gahinet / Jérémie Eloy) - 297,7 milles du leader - vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 18 nœuds

3.ACTUAL LEADER (Yves Le Blevec / Alex Pella / Ronan Gladu) - 301,1 milles du leader - vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 18,4 nœuds

4. SODEBO ULTIM 3 (Thomas Coville / Jean-Luc Nelias / Martin Keruzoré) - en escale technique à Cape Town

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