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Retour aux actualités 26 novembre 2016

En attendant la prochaine dépression

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

Hier matin, en franchissant la longitude du cap des Aiguilles, Sébastien Josse a fait son entrée dans l'océan Indien. Réputé comme l'un des plus redoutables du globe avec sa mer croisée et ses violentes dépressions, ce dernier ne montre pas pour l'heure cette facette de son caractère. En effet, depuis ce matin le coup de frein est incontestable pour le trio de tête du Vendée Globe. Et cette chute des vitesses est encore plus vraie ce samedi pour le marin du Gitana Team qui négocie la traversée d'une dorsale et doit ainsi composer avec des vents faibles et instables. Mais dès demain, l'arrivée d'un nouveau train de dépressions relancera le rythme.

Depuis son avarie de safran tribord, survenue dans la nuit de mardi à mercredi, Sébastien Josse a dû revoir son tableau de marche. En effet, l'incident l'a contraint à mettre la course entre parenthèse durant quatre longues heures ; un temps plus que précieux dans la configuration météorologique que connaissaient alors les leaders. Mercredi matin, le skipper d'Edmond de Rothschild avait logiquement perdu un peu de terrain sur ses deux compagnons d'échappée mais compte tenu de la météo à venir, il savait bien que le bilan comptable deviendrait rapidement plus important que les soixante milles alors concédés : « Notre avarie est survenu dans une phase météo où il ne fallait vraiment pas prendre de retard. Nous étions alors encore en avant d'un front et je savais qu'il ne fallait pas traîner pour exploiter ce flux au maximum. Ce que Alex (Thomson, ndlr) et Armel (Le Cléac'h, ndlr) ont pu logiquement faire mais pas moi… Les quatre heures d'arrêt pour remettre le système de safrans en ordre de marche coûtent très cher car depuis je ne connais plus les mêmes conditions météos qu'eux et j'ai un temps de retard sur le système. Mais bon, il faut relativiser quand on voit les abandons. D'autant que la route est encore très longue. Je me prépare pour le prochain coup » confiait le solitaire.

Joint ce midi lors du Vendée Live – dans sa version anglaise – Sébastien Josse décrivait ses conditions de navigation en mode mineure : « J'avance doucement en ce moment parce que je n'ai pas beaucoup de vent. Je n'ai pas les mêmes conditions que les deux bateaux de devant mais c'est conforme aux prévisions ! Il faut faire avec… J'attends que la pression arrive. Le vent devrait monter d'ici 24 heures, puis ce sera assez rapide sur une route directe jusqu'à l'Australie.»


Aujourd'hui, le skipper d'Edmond de Rothschild se trouve dans ce que l'on pourrait qualifier de zone tampon. Devant lui, Alex Thomson et Armel Le Cléac'h ont certes ralenti mais conservent des vitesses supérieures à 10 nœuds quand Gitana 16 est « flashé » à 15h à 3,5 nœuds… L'écart se creuse donc forcément entre le dernier-né des Gitana et ses deux compagnons d'échappée. Dans le même temps, ses poursuivants – SMA et Maître CoQ -, bien que pointés à près de 600 milles de son tableau arrière, filent à plus de 18 nœuds portés par cette nouvelle dépression que Sébastien Josse attend dans ses voiles d'ici 24h.

Philosophe face à cette situation, le marin de l'écurie aux cinq flèches met à profit cette phase de transition pour procéder à un grand check du bateau et prendre enfin un peu de temps pour lui. Car il sait trop bien que dès demain, le sifflement strident des foils reprendra et que le confort à bord du Mono60 Edmond de Rothschild repassera au second plan.

Classement du 26 novembre à 15h (HF)

1. Alex Thomson (Hugo Boss) à 16 844,6 milles de l'arrivée
2. Armel Le Cleac'h (Banque Populaire VIII) à 12,2 milles
3. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 304,8 milles du leader
4. Paul Meilhat (SMA) à 896,7 milles
5. Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 902,5 milles
6. Yann Eliès (Queguiner Leucémie Espoir) à 1190,3 milles
7. Jean-Pierre Dick (St Michel – Virbac) à 1720 milles
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