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Retour aux actualités 21 novembre 2016

Une question de tempo

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

Gagner sur la route, vite, le plus vite possible, tout en ménageant sa monture, une équation délicate pour les solitaires de tête de flotte lancés à 20 nœuds de moyenne sur la route de Bonne Espérance. Encore distant de 1 400 milles de l'étrave du Mono60 Edmond de Rothschild, ce premier des trois caps du Vendée Globe ponctuera en fin de semaine une passionnante descente de l'Atlantique. D'ici là, la ruée vers l'Est continue et à haut régime. Toujours propulsé par le front dépressionnaire qui l'accompagne depuis vendredi dernier, Sébastien Josse s'applique. Le skipper du Gitana Team s'efforce de garder la tête froide dans cette course de vitesse, même s'il ne traîne pas. Et il ne faut pasperdre de temps ! Une fois cette dépression évacuée et en attendant la suivante, les premiers concurrents pourraient bien buter dans une zone de transition.

Ce lundi, le trio de tête s'étale en latéral sur près de 130 milles du Nord au Sud. Le dernier-né des Gitana navigue toujours le plus au Nord. Il a gagné une place et pointe désormais en deuxième position, à 85 milles du leader Alex Thomson qui lui reste au Sud. Entre les deux, Armel Le Cléac'h s'est rapproché encore un peu plus de Sébastien Josse et progresse sous son vent, à une trentaine de milles. Tous les trois exploitent actuellement un flux de Nord bien alimenté de 25 - 30 nœuds. « Les conditions sont parfaites. Nous sommes sur des trajectoires assez tendues et idéales pour nos bateaux qui permettent d'aller vite, » confiait Sébastien à la vacation matinale du Vendée Globe. « Je ne regarde pas le timing à Bonne Espérance pour l'instant. Ce sera dans trois ou quatre jours. D'ici là, l'objectif est de maintenir des vitesses moyennes autour des 20 nœuds comme les petits copains. Mettre la bonne voile au bon moment, c'est ça qui m'intéresse. »

Savoir se satisfaire de ce qu'on a  
Ce week-end a été marqué par la casse, samedi, du foil tribord de Hugo Boss, suite à un choc avec un OFNI. Leader lors de cet incident, le britannique a naturellement ralenti et perdu une bonne partie de son avance sur ses poursuivants. « Malgré ses déboires, Alex (Thomson) résiste bien. Il a du vent et va vite à ces angles là, » a ajouté Sébastien qui se sent bien en accord avec sa manière de mener Gitana 16 actuellement. « Les conditions sont bonnes donc le bateau ne s'abîme pas. Quand on est à 20 nœuds de moyenne, c'est déjà bien. Cela ne sert à rien d'aller plus vite. » 


Une course de vitesse moyenne  
Depuis le départ des Sables d'Olonne, le skipper du Gitana Team navigue dans ce même état d'esprit. Il sait à quel point le Vendée Globe est long et éprouvant, pour l'homme comme pour la machine. Avec le Mono60 Edmond de Rothschild, ils forment un tandem solide qui a encore 19 000 milles à parcourir, soit plus de 35 000 kilomètres. Alors, il faut regarder à long terme, réguler sa vitesse en fonction des priorités et éviter de se mettre trop tôt dans le rouge. Cela n'est pas encore arrivé depuis le 6 novembre mais, sur ce parcours le plus extrême qui soit, les éléments peuvent se déchaîner. Dans ces moments, il faudra pouvoir puiser dans ses ressources et dépasser certaines limites. « C'est une course de vitesse moyenne, » résumait-il simplement ce matin. « Nous nous autorisons une vitesse. On cale le bateau dessus et on s'efforce de s'y tenir. » D'autant plus que la situation météo actuelle dans l'Atlantique Sud, impose de rester philosophe. « Nous avons vu que le bateau peut aller à 25 nœuds mais ce n'est pas le moment. Avec le système météo dans lequel nous sommes, cela suffit d'aller à 20 nœuds. De toutes façons, nous allons ralentir lorsque nous passerons le cap de Bonne Espérance. Il y aura une journée de transition avant qu'une autre dépression nous prenne avec elle. »

Classement du 21 novembre à 15h (HF)

1. Alex Thomson (Hugo Boss) à 18 913,4 milles de l'arrivée
2. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 85,7 milles du leader
3. Armel Le Cleac'h (Banque Populaire VIII) à 94,8 milles
4. Morgan Lagravière (Safran) à 168,6 milles
5. Vincent Riou (PRB) à 180,5 milles
6. Paul Meilhat (SMA) à 233,8 milles
7. Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 300,7 milles
8. Yann Eliès (Queguiner Leucémie Espoir) à 763,4 milles
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