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Retour aux actualités 16 novembre 2016

Edmond de Rothschild attaque les latitudes Sud dans le bon wagon

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

Tandis qu'en France, l'automne est bien installé et que l'hiver se prépare, les marins de tête du Vendée Globe ont basculé la nuit dernière dans l'été austral en franchissant l'équateur en direction de l'hémisphère Sud. À bord d'Edmond de Rothschild, Sébastien Josse a traversé cette ligne imaginaire, matérialisée par la latitude zéro, après 9 jours 12 heures et 1 minute de mer, cinq heures (4h 59') dans le sillage du leader Alex Thomson. Ce chrono permet au skipper de Hugo Boss de s'emparer du temps de référence entre les Sables d'Olonne et l'équateur, propriété de Jean Le Cam depuis douze ans, en l'améliorant de 1 jour et 4 heures. Ces chiffres en disent long sur le rythme imprimé par les hommes de tête sur ces premiers 3 500 milles du tour du monde. Au classement de 15h, le dernier-né des Gitana est quatrième à 79,4 milles du tableau arrière du 60 pieds britannique.

Un temps record à l'équateur
« Les chronos tombent et ça ne devrait être que le début ! » assurait Sébastien Josse. Leader de la flotte du Vendée Globe depuis quatre jours, Alex Thomson a logiquement franchi l'équateur en tête hier peu après 20h. Outre les honneurs du classement, le gallois s'offre un joli temps de référence en améliorant de 1 jour et 4 heures le chrono détenu depuis 2004 par le marin français Jean Le Cam. Quatrième solitaire dans son sillage, Sébastien Josse signe également une belle performance en entrant dans l'hémisphère Sud après seulement 9 jours 12 heures et 1 minute de course.

Au delà des temps canons, qui compte tenu des performances des nouveaux IMOCA et du niveau de perfectionnement des dernières générations ne sont en soi pas une très grande surprise, ce qui marque plus c'est bien les faibles écarts entre les cinq premiers. En effet, moins de six heures (5h 47') séparent Hugo Boss de SMA ; des temps qui illustrent parfaitement la régate au contact que nous offrent les solitaires depuis le 6 novembre, date de départ des Sables d'Olonne. Cette émulation pousse les solitaires à se « mettre dans le rouge » pour exploiter tout le potentiel de leur machine : « je m'attendais exactement à ce rythme sur la descente de l'Atlantique ! Avec le plateau et le potentiel de nos bateaux ce n'est pas une surprise. D'être au contact est sollicitant mais vraiment intéressant, tout le monde se met dans le rouge mais personne ne lâche rien. Le Vendée Globe est une course d'endurance, il faut gérer son effort et savoir où l'on veut mettre le curseur» déclarait le skipper d'Edmond de Rothschild


Les huit de l'hémisphère Sud
Après le Golfe de Gascogne, la traversée du Pot-au-Noir a constitué le deuxième passage à niveau de ce 8e Vendée Globe. Et à l'entame de ce onzième jour de course, une première hiérarchie est installée.

Sur les vingt-neuf concurrents en course, huit bateaux naviguent ce mercredi après-midi dans l'hémisphère Sud, avec dans l'ordre du classement Hugo Boss, Banque Populaire, PRB, Edmond de Rothschild, SMA, Maître Coq et plus loin Queguiner Leucémie Espoir. Dans ce groupe d'ouvreurs les cinq premiers se tiennent en moins de 100 milles et ils naviguent cet après-midi bâbord amure, par le travers de l'archipel de Fernando de Noronha, dans un alizé de Sud-Est dont l'intensité varie sensiblement selon la latitude. Selon les dernières prévisions, ce flux devrait prendre du coffre dans les prochaines heures, au fur et à mesure que la flotte gagnera dans le Sud, pour atteindre les 20 nœuds dès la nuit prochaine.

Ce club des « sudistes » est parvenu à créer une rupture avec ses poursuivants. Non loin de l'équateur, Jean Le Cam est 9e et accuse 350 milles de retard.  


Que leur réserve Sainte-Hélène ?
L'anticyclone de Sainte-Helène, qui doit son nom à l'île où Napoléon Ier fut envoyé en exil en 1815 et mourut en 1821, fait la pluie et le beau temps dans l'Atlantique Sud. Son positionnement et son étendu décident en effet du sort des marins qui se dirigent vers les mers du Sud.

Les premières prévisions sur la zone semble indiquer un passage plutôt intéressant pour les premiers solitaires du Vendée Globe : « Ce n'est pas encore complètement calé mais pour l'instant l'anticyclone est très Sud et plutôt étalé dans l'Est. Une dépression se forme actuellement à la latitude de Rio et si nous parvenons à nous glisser à l'avant de son front chaud nous pourrions avaler plutôt rapidement l'Atlantique Sud et faire notre entrée dans le Grand Sud d'ici une bonne semaine. Il y a un timing à ne pas louper pour pouvoir bénéficier de cet enchaînement.»

Mais en attendant les mers du Sud et leurs trains de dépressions, le skipper de l'écurie aux cinq flèches profitent de conditions tropicales pour bien glisser vent de travers au large du Brésil : « la chaleur est étouffante à bord, il fait plus de 40° C à l'intérieur du bateau et dehors impossible de rester au soleil sans protection, tu crames ! Mais on ne va pas se plaindre car bientôt ce sera le grand froid.»

Temps des cinq premiers entre les Sables d'Olonne et l'équateur
1. Alex Thomson (Hugo Boss) 9 jours 7 heures 2 minutes
2. Armel Le Cleac'h (Banque Populaire VIII)  9 jours 9 heures et 56 minutes, à 2h 54' du leader
3. Vincent Riou (PRB) 9 jours 10 heures et 24 minutes, à 3h 22' du leader
4. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) 9 jours 12 heures et 1 minute, à 4h 59' du leader
5. Paul Meilhat (SMA) 9 jours 12 heures et 49 minutes, à 5h 47' du leader

Les chiffres du jour
A 15h (HF), Edmond de Rothschild en 4e position
A 79,4 milles du leader Alex Thomson
Distance parcourue sur les dernières 24 heures : 367, 20 milles à la vitesse moyenne de 15,3 nœuds
Distance parcourue sur le fond depuis le départ : 3 519,59 milles à la vitesse moyenne de 14,6 nœuds

Classement du 16 novembre à 15h (HF)

1. Alex Thomson (Hugo Boss) à 21 138,4 de l'arrivée
2. Armel Le Cleac'h (Banque Populaire VIII) à 58, 4 milles du leader
3. Vincent Riou (PRB) à 69,8 milles
4. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 79,4 milles
5. Paul Meilhat (SMA) à 99,3 milles
6. Morgan Lagravière (Safran) à 143,9 milles
7. Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 158,6 milles
8. Yann Eliès ( Queguiner Leucémie Espoir) à 257, 9 milles
9. Jean Le Cam ( Finistère Mer Vent) à 360, 3 milles
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