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Retour aux actualités 04 novembre 2016

Sébastien Josse se confie à 48 heures du départ

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

À moins de deux jours du coup d'envoi du 8e Vendée Globe, les médias se sont réunis au sein de l'exposition des 140 ans de la saga Gitana sur le village des Sables d'Olonne. Ils ont eu le temps d'échanger une dernière fois avec Sébastien Josse. A l'occasion de cette séance de questions-réponses, le skipper d'Edmond de Rothschild a été sans détour. Désormais, la préparation du départ, dimanche, prend le dessus sur les sollicitations extérieures et notamment médiatiques du marin. Les prévisions météos s'affinent et, en coulisses, la stratégie se met en place. Sur les premiers jours de course, les conditions de vent et de mer s'annoncent propices à la glisse. Néanmoins, avant de pouvoir réellement allonger la foulée, les concurrents doivent prendre le large et se dégager des zones d'important trafic maritime. Avec les autres membres du Pôle Finistère Course au Large, Sébastien Josse va assister à plusieurs briefings météo d'ici le Jour J. Ces séances d'immersion dans la compétition sont complétées par les échanges que Sébastien a, au quotidien, avec les membres de la cellule performance du Gitana Team.


À propos de ce que représente cette course pour lui :
« Le Vendée Globe est une tranche de vie. Quand tu as la chance de préparer une telle épreuve, c'est un engagement fort pour toute une équipe. Cela bouleverse nos vies pendant plusieurs années. Dans le Gitana Team, nous sommes obnubilés depuis longtemps par cette date du 6 novembre. »

L'évolution des bateaux depuis son premier Vendée Globe : « En 2004, mon bateau VMI était à des années lumières naturellement de Edmond Rothschild. Il y avait 4,5 tonnes d'eau dans les ballasts. On plafonnait à 20 nœuds alors que désormais, nous dépassons les 30. »

L'inconfort à bord : « Il faut s'habituer surtout parce que le comportement du bateau a changé mais c'est comme tout, avec le temps, on subit moins et on gagne en confiance. »

La maîtrise de sa machine : « Sur mer plate et avec des conditions medium à medium « plus », je peux maîtriser Edmond de Rothschild à 100% mais avec les foils dans de la mer, je pense être plutôt à 80%. Et si le bateau est vraiment trop malmené, nous pouvons enlever de la puissance en rentrant le foil et en déchargeant les ballasts. »

L'augmentation possible des risques corporels sur les foilers : « C'est un mauvais procès que l'on fait aux foilers. Si on se remémore les accidents de Yann Eliès (Vendée Globe 2008) et Paul Meilhat (Transat St Barth – Port la Forêt 2015), c'était sur des bateaux à dérives droites. Nous avons aussi tous des cockpits très protégés et tant que l'on est dessous, nous sommes quand même bien en sécurité. »

Le changement des repères à bord des foilers : « On se rapproche de plus en plus des multicoques, avec des voiles plus écartées et des profils plus fins. Et aussi, avec l'objectif de naviguer toujours le plus à plat possible, là où le bateau va le plus vite. »

La zone d'exclusion dans le Grand Sud liée à la présence d'icebergs : « Cela existe depuis 2004 mais la manière de la délimiter a évolué dans le temps. En 2012, c'était des portes à passer et les concurrents plongeaient Sud entre chaque. Là, c'est une ligne continue à ne pas franchir. Mais avant, les portes étaient plus Nord que la ligne actuelle donc au final, cela ne change pas grand chose. »

Des conditions météo en début de course propices aux foilers : « Nous attendons un vent de Nord qui va évoluer au Nord-Est, permettant de glisser au portant dans un medium bien soutenu, favorable c'est vrai pour les foilers sauf si c'est plus abattu et dans ce cas là, les non-foilers seront aussi à l'aise. On pourrait être à la hauteur des Canaries en trois jours, ce qui est rapide. La question du rythme à donner d'emblée va dépendre de chacun. Le Vendée Globe ne se gagne pas parce qu'on est le premier au Pot-au-Noir et encore moins si tu casses avant d'y arriver. Donc il faut surtout réussir à s'installer dans son propre rythme. »

Sur les pronostics de la course : « Je n'accorde pas d'importance aux pronostics car le Vendée Globe dicte sa loi. En 2008, Armel (Le Cléac'h) termine 2e après avoir eu jusqu'à 1000 milles de retard. Tu ne peux jamais savoir ce qui va se passer et, quand tu le vis, tu t'en rends vraiment compte. »

L'endroit qu'il redoute le plus sur le parcours : « Le Golfe de Gascogne, à l'aller comme au retour. Tu peux terminer avec 60 nœuds de vent et la houle redoutable du cap Finisterre à l'entrée du plateau continental. Tant que la ligne n'est pas franchie, le Vendée Globe n'est jamais fini. »

L'émotion du chenal dimanche : « C'est une émotion forcément un peu contrôlée. On a les larmes aux yeux, la gorge nouée et la boule au ventre car on part pour longtemps… Le public est là, pour nous encourager, c'est super. En même temps, on sait que quelques minutes plus tard, on sera en mer, peu de temps avant le départ, avec beaucoup de bateaux autour de nous. Alors, je dois rester concentré, comme toute l'équipe. »


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