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Retour aux actualités 31 octobre 2016

En orbite autour du globe

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

Personne ne reste insensible devant un tel engagement et le public ne s'y trompe pas. Accompagnés par une véritable marée humaine, les hommes et les femmes qui s'élancent des Sables d'Olonne au départ du Vendée Globe ont quelque chose que les autres n'ont pas. Entre soif de vaincre et préparation de plus en plus pointue, les marins d'aujourd'hui ont pris de la distance avec les pionniers d'hier. Pourtant, quitter ses proches, larguer les amarres et franchir seul la ligne de départ soulève toujours autant d'émotion et, de ce point de vue, les skippers ne changent pas. Ils ont en eux cette envie inéluctable, cette attirance à laquelle ils ne peuvent se soustraire. Alors que devant s'ouvre un voyage long et assurément plein d'obstacles, ils plongent sans se retourner.


Imaginé par Titouan Lamazou et créé par le navigateur Philippe Jeantot, le Vendée Globe s'inspire du britannique Golden Globe Challenge de 1968. Première course à la voile en solitaire et sans escale, elle fut une incroyable épopée que seul Robin Knox-Johnston termina à Falmouth après 313 jours de mer ! Vingt ans plus tard, les Français inaugurent le Globe Challenge, rebaptisé Vendée Globe par la suite. La première édition de ce nouveau tour du monde par les trois caps réunit treize skippers pour un coup d'envoi lancé le 26 novembre 1989.

Avec de maigres informations météo et sans moyen de communication ou presque, l'inconnu est total et l'aventure de chaque instant. À bord d'Écureuil d'Aquitaine II, Lamazou, le « grignoteur de noisettes », prend la tête de la flotte au bout de trois jours. Il tient bon jusqu'à l'arrivée et termine en vainqueur après 109 jours de course, devant Loïck Peyron et Jean-Luc Van den Heede. L'engouement médiatique pour la course au large explose.

Sur la lancée du succès de cette grande première, une deuxième édition en 1992 attire de nouveaux favoris, à l'image d'Alain Gautier et Philippe Poupon mais aussi des jeunes Yves Parlier et Bertrand de Broc. Ce dernier émeut l'opinion lorsqu'il doit se recoudre la langue, seul dans les Quarantièmes. C'est surtout l'année des premiers drames, avec les disparitions de Mike Plant et Nigel Burgess. La moitié des concurrents boucle le parcours et le sacre revient à Alain Gautier qui l'emporte sur son tout nouveau plan Finot-Conq Bagages Superior.

Quatre ans plus tard, le troisième Vendée Globe bouleverse le public. Au départ, deux femmes, Isabelle Autissier et Catherine Chabaud, mais aussi Parlier avec son révolutionnaire Aquitaine Innovations doté d'un mât basculant. Le Normand Christophe Auguin a remporté déjà deux fois le Boc Challenge (tour du monde avec escales) et part en force, prenant rapidement les commandes de cette édition 1996-1997. Isabelle Autisser se déroute pour avarie de safran et Parlier a des ennuis d'étai. Parti en « pirate », Raphaël Dinelli chavire et est récupéré par l'Anglais Pete Goss, tandis que les navires de Tierry Dubois et Tony Bullimore se retournent également. Et puis c'est le drame : la balise Argos de Groupe LG cesse d'émettre dans le Pacifique, le Canadien Gerry Roufs ne répond plus. L'épave de son bateau sera retrouvée six mois plus tard sur les côtes chiliennes. Son ami, Christophe Auguin, profondément touché, finira par remporter l'épreuve et Catherine Chabaud devient la première femme à boucler un tour du monde en solitaire et sans escale.

Les architectes et les coureurs en tireront les leçons. Les quilles basculantes se multiplient, les bateaux doivent désormais répondre à des critères de sécurité encore plus stricts et être capables de se remettre à l'endroit en cas de chavirage. En 2000-2001, le Vendée Globe entre dans une nouvelle ère : celle de la régate planétaire. C'est aussi un duel incroyable entre un certain Michel Desjoyeaux, tête de le de la Vallée des Fous de Port-la-Forêt, et un petit bout de femme, la jeune anglaise Ellen MacArthur qui, du haut de ses 24 ans, termine deuxième du Vendée Globe, derrière celui que l'on surnomme « le professeur ».

En 2004-2005, les Finistériens ont pris la main. Vincent Riou dont le combat avec Jean Le Cam animera l'épreuve jusque dans les derniers milles, ofre une seconde victoire à PRB qui s'était imposé quatre ans plus tôt avec Desjoyeaux. Complice de préparation de Vincent, Sébastien Josse fait alors ses armes sur son premier tour du monde mais heurte un morceau d'iceberg dans le Pacifique avec son bout-dehors, ce qui le pénalisera jusqu'à l'arrivée où il se classe cinquième.

Le sixième opus du Vendée Globe bat les records en 2008-2009 avec 30 skippers inscrits, 13 étrangers, 2 femmes et 2 anciens vainqueurs. Démâtages et avaries dès le golfe de Gascogne, l'ambiance est donnée. Plusieurs concurrents dont Michel Desjoyeaux reviennent aux Sables d'Olonne pour réparer. Le skipper repartira avec 41 heures de retard puis rattrapera toute la flotte à une cadence infernale. Dans l'océan Indien, Yann Eliès se brise le fémur. Soutenu par Marc Guillemot qui attend avec lui les secours australiens, le navigateur briochin retrouve la terre mais ne peut sauver son bateau. Après un très bon début de course, Sébastien Josse est en tête à Sainte-Hélène mais les écarts sont minimes. Le Niçois se bat jusqu'au Sud de la Nouvelle-Zélande où son bateau est pris par une déferlante. La machine ne peut plus continuer. Terriblement déçu, le marin doit renoncer. À l'approche du Cap Horn, c'est ensuite Jean Le Cam qui se retrouve prisonnier de son bateau, retourné suite à la perte de sa quille. Il est secouru par Vincent Riou qui malheureusement endommage son bateau dans l'opération. Le monocoque démâte la nuit suivante et les deux hommes se déroutent vers la Patagonie. Michel Desjoyeaux triomphe aux Sables d'Olonne, devenant le premier marin de l'histoire à faire coup double.

La septième et dernière édition signe l'avènement des régatiers. La course de 2012-2013 est rythmée de bout en bout par le duel haletant entre Armel Le Cléac'h - deuxième quatre ans plus tôt - et François Gabart, l'étoile montante de la course au large à qui tout réussit. Les deux solistes ne se quittent pas et lent à très haut régime. À peine 80 minutes les séparent au Cap Horn. Seule une petite avarie de gennaker la dernière semaine fait un peu reculer Armel qui ne pourra plus rattraper son rival qui, quelques jours avant ses 30 ans, devient le plus jeune vainqueur de l'épreuve. Pour la première fois, le record bat le pari de Phileas Fogg avec un temps de course de 78 jours et 2 heures.

TROIS RÈGLES D'OR

Le Vendée Globe est une course :

EN SOLITAIRE

Sous peine de disqualification, il est formellement interdit au skipper d'embarquer qui que ce soit, sauf en cas de force majeure, comme le sauvetage d'un concurrent par exemple, ce qui est arrivé sur la 3e et la 6e édition.

SANS ESCALE

Il est interdit de mettre le pied à terre au-delà de l'estran, c'est à dire de la limite de la marée la plus haute. Ainsi, en 2000, Yves Parlier répare son mât dans une crique de l'Ile Stewart en Nouvelle-Zélande. Il va à terre mais ne franchit jamais ladite limite. Les concurrents ont aussi 10 jours après le départ pour revenir réparer aux Sables d'Olonne où ils peuvent se faire aider par d'autres personnes.

ET SANS ASSISTANCE

En-dehors du port de départ, les marins ne peuvent recevoir aucune aide matérielle ou technique. En mer, ils sont autorisés à consulter l'architecte et leur équipe technique mais doivent réparer seuls. Un marin peut aussi recevoir des conseils médicaux mais ne peut pas être soigné directement par une tierce personne. Enfin, le routage météo est interdit. Chaque skipper dispose des mêmes sources d'informations et fait ses choix en son âme et conscience.

Palmarès

2012 – 2013 – François Gabart – Macif – 78j 2h 16mn 40s (record)
2008 – 2009 – Michel Desjoyeaux – Foncia – 84j 3h 9mn 8s
2004 – 2005 – Vincent Riou – PRB – 87j 10h 47mn 55s
2000 – 2001 – Michel Desjoyeaux – PRB – 93j 3h 57mn 32s
1996 – 1997 – Christophe Auguin – Geodis – 105j 20h 31mn
1992 – 1993 – Alain Gautier – Bagages Superior – 110j 17h 20mn 8s
1989 – 1990 – Titouan Lamazou – Ecureuil d'Aquitaine II – 109j 8h 47mn 55s

 

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