Envoyer cette page à un ami






Retour aux actualités 20 octobre 2016

Série "5 sens en éveil" L'ouïe

Vendée Globe 2016-2017 Mono60 Edmond de Rothschild Sébastien Josse

La quiétude d'être en mer, n'y pensez pas ! À bord de ces bateaux qui sont les monocoques de solitaire les plus rapides au monde, le bruit est omniprésent. À tel point que cela devient un réel paramètre de la préparation du Vendée Globe. Pour mieux comprendre cet aspect, voici le troisième chapitre de notre immersion dans les cinq sens de Sébastien Josse avec cette semaine : l'ouïe.

#3 L'OUÏE

En effet, pour les skippers, l'idée n'est pas de s'isoler des décibels ambiants mais d'arriver à sélectionner les sons utiles à la performance. À bord du Mono60 Edmond de Rothschild, Sébastien Josse embarque notamment un casque, dit de réduction de bruit active, qui fait ce travail. Cela l'aide à s'endormir, tout en restant connecté à son environnement. Le skipper de l'écurie aux cinq flèches a aussi choisi de prendre avec lui des oreillettes, plus légères et faciles d'utilisation, même en manœuvres, qui le soulagent et contribuent à réduire aussi la fatigue nerveuse associée à cet univers sonore.

 

SUPPORTER LE VACARME

Ce sens a longtemps été d'une grande aide pour les marins, tant ils pouvaient comprendre leur bateau à l'oreille même quand ils ne voyaient rien depuis l'intérieur. « En effet, avant les sons étaient un repère. Désormais, tu cherches avant tout à te couper des bruits parasites, » explique le skipper d'Edmond de Rothschild qui est loin d'être le seul à témoigner du phénomène. « Il y a le sifflement des appendices (safrans, foils) mais tu peux casser les bords de fuite pour atténuer.Le problème vient surtout de la forme de la coque qui rebondit sur la mer faisant un « boum boum » qui ne s'arrête jamais. Tu ajoutes à cela le bruit du torrent qui coule sur le pont au-dessus de la tête et il faut avoir les nerfs solides pour tenir bon ! Casque anti-bruit et boules Quiès ne sont pas suffisants. Au début, je trouvais cela intenable et puis, comme tu sais que tu n'as pas le choix, tu t'habitues. »

VIVRE EN MUSIQUE

Sébastien a toujours écouté de la musique, à terre comme en mer. « De tous les styles, du rap, de la pop, du métal même de temps en temps et des choses plus « cool », de la chanson française, du Brel mais pas de musique classique, » énonce le marin de 41 ans. « À bord, la musique te sort de ton quotidien, tu choisis souvent en fonction des conditions de navigation et de ton état d'esprit aussi. Parfois, ça peut même te faire pleurer, » assure-t-il, lui dont la sensibilité affleure avec délicatesse, sans jamais submerger. « Je préfère avoir des enceintes plutôt que d'écouter au casque qui te coupe trop de l'environnement. Par contre, là encore avec le bruit du bateau, il faut pousser le volume ! J'ai tout dans mon téléphone, aussi des livres audio. C'est vraiment super car un livre en papier ne tient pas une journée avec toute l'humidité du bord. Par contre, je ne suis pas très films ou séries, c'est vraiment trop en décalage avec ce que je vis. »


ET ENTENDRE LES TERRIENS ?

Internet, e-mail, et téléphone satellite, les skippers solitaires disposent des dernières technologies de communication. Ce lien avec les terriens occupe une place très personnelle chez les marins. « L'organisation de course appelle, les médias aussi, les vacations radio et vidéo permettent de partager nos aventures avec le public. C'est difficile de retranscrire exactement ce que nous vivons mais la technologie a beaucoup évolué, notamment les images vidéo sont de plus en plus présentes et c'est très positif pour notre sport, » explique- t-il. « Sinon, de façon privée, je ne suis pas un grand bavard mais j'appelle à terre bien sûr. Quand c'est un peu plus calme à bord, j'aime parler avec mes proches qui, eux, vivent une vie ‘normale'. Je n'aime pas parler de ce que je suis en train de faire mais je cherche plutôt à renouer avec un quotidien à terre qui me manque forcément et qui me réconforte. Dans le même esprit, c'est important de recevoir des nouvelles de l'actualité de ce qui se passe en France et dans le monde. Cela aide aussi à tenir et à ne pas se sentir totalement seul et en marge du monde. »

Partager cet album photo






Articles suggerés